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[L] La Dague du Démon: Chapitre 3 | Partie III - La Confrérie Sombre

le Ven 15 Déc - 21:12
Deux siècles avant l'ère zéro, Kaernagokën -

Boris trouva une étrange Dague par terre. Elle était d'un noir profond, et, pour ainsi dire, assez effrayante.
 Ses parents n'en avaient néanmoins cure, même si il disait qu'elle parlait. "Un simple jouet d'enfant, forgé par le père d'un de ses amis un peu bizarres...", se disaient-ils.
Le lendemain, Boris tua ses parents et se suicida.
*
*...*

Trois. Trois personnes étaient désormais sous mon pouvoir. C'était une bien étrange chose. Je sentais leur âme se mouvoir, dans une conscience totale, comme celle de ce "Thanax".
..Etrangement, je ne pouvais plus ressentir son esprit, il avait totalement échappé à mon influence au moment où l'enfant me fit pénétrer dans la chair de son père... J'avais une idée très précise de pourquoi. Si il était ni mort, ni sous mon influence, c'est qu'il était vivant. Ce mot résonna bizarrement en moi, un mélange de nostalgie, de tristesse... Que je balayai avant de replonger dans cette transe où je réfléchissais et ordonnais mes pensées.


Un siècle avant l’Ère Zéro, Gloria -

Je me délectai de ce somptueux nectar de vigne, appréciant les reflets de la flûte de cristal où était marqué mon nom : Molthon. Je sentis soudainement quelque chose de brûlant me traverser la gorge  - de l'extérieur -. Je portai mes mains à mon cou, les retirai, et constatai avec effarement l'épais liquide rouge (et ce n'était pas du vin) qui empreignait mes mains.
..J'eus à peine le temps de voir une silhouette noire dans un manteau gris s'estomper dans les ombres, tandis que mes yeux se fermaient petit à petit, m'ouvrant la porte à la mort...


*
*...*

..J'essayai de m'expliquer discrètement lorsque le noble obèse que je venais d'assassiner me repéra. Peu importe, me dis-je, il serait bientôt mort.
Mais, malgré mon crime parfait, qu'allait encore exiger le Démon ? Je lui avais demandé une vie. Une vie à sauver. Celle de ma sœur. Et pourtant... Encore et encore, il me demandait des vies à prendre, des nobles, des sergents de l'armée, des simples paysans...  
..Je ne savais même pas si il avait ou allait respecter sa part du marché. Aveuglé par mon envie de la sauver, je l'avais écouté :
"La Dague échappe à la mort, elle échappe même aux Enfers. Mourir de sa main, ce n'est pas mourir. C'est juste patienter quelques temps. Un long temps parfois. Mais il suffit toujours de patienter. Toujours."




..Le Démon avait menti. Cela faisait trois années que j'avais tué la dernière personne, ce noble en surpoids. Trois années qu'il ne m'avait plus rien demandé. Et pourtant... Ma sœur n'était pas revenue d'entre les morts.

Je l'avais tuée. Il n'y avait pas de "résurrection" ou "d'échappatoire à la mort", juste un long filet de sang qui s'échappait de La Dague après un meurtre. Avais-je tué toutes ces personnes pour rien ?
..Cette unique pensée me donna le courage nécessaire. Je regardai une dernière fois dernière moi avant de plonger mon regard et mon corps dans le gouffre sans fin qui s'offrait à moi. Alors que mon corps commençait à tomber, je vis ma vie se dérouler sous mes yeux. Le garde du corps de la femme du roi Mold. Moi, jeune marchand insouciant, qui la récupère en me mettant en route vers Gloria.
..Mon corps se déchira sur les pierres lisses du fond du gouffre.


*
*...*

..Ère zéro -



Les dix hommes encapuchonnés dans leur manteau noir ébène formaient un cercle parfait, dont le centre était un piédestal orné d'un coussin de velours rouge sur lequel reposait une unique dague.
- Mes frères, nous l'avons trouvée, dit l'un d'entre eux. La Confrérie Sombre a atteint son but : retrouver La Dague.
- Frère Molthon, nous devons faire attention avec cet artefact, rétorqua un autre. L'esprit qui l'habite est surpuissant. Ses pouvoirs le sont tout autant.
- Thanax, tu as été la première victime de l'arme, du moins la plus ancienne connue à ce jour. Il est donc normal que tu en aies peur, mais ses pouvoirs pourraient être utilisés pour le bien du plus grand nombre, répondit le dénommé Molthon.
.Le reste des membres de la Confrérie acquiescèrent. En réalité, la plupart des membres de la Confrérie Sombre étaient des Ensorcelés, des personnes tuées ou suicidées par La Dague. Ils ne connaissaient pas bien le fonctionnement de l'arme, mais, visiblement, se faire tuer par celle-ci n'était pas si terrible... Néanmoins, Thanax n'avait pas dit son dernier mot :
- Certes, mon frère, pourtant, voilà une centaine d'années et plus que je cherche cette Dague, et elle n'a jamais été utilisée pour faire du bien. Et croyez-moi, quand on connait le Démon qui l'habite, cela ne m'étonne absolument pas. Ses pouvoirs échappent aux Dieux, qui sait ce qu'elle peut faire d'autre ?
..Nous sommes immortels désormais, reprit-il, et il en va de notre devoir de protéger la Dague des gens et les gens de la Dague.


..Frère Thanax avait La Dague dans la main.
Il avait été décidé après long débat qu'en temps que première victime, cela serait à lui de porter l'Arme et de l'utiliser, et ainsi, de ressusciter les dernières personnes tuées par celle-ci.
.Il avait été difficile de retracer cette "ligne" là. La Confrérie appelait "ligne" l'utilisation de La Dague par un individu, qui commençait à partir du moment où il l'empoignait pour la première fois... Jusqu'au moment où elle mourait.
.Ensuite, une autre personne trouvait l'Arme et tuait un être vivant, et ainsi débutait une autre ligne.
Si cette ligne là avait été particulièrement difficile à retracer, c'était parce que l'ancien porteur s'était suicidé... Généralement, ils étaient tués, La Dague se transmettant ainsi de tueur en tueur...

..Thanax pointa son arc sur la serrure de la cage, l'Arme dans l'étui qu'on avait confectionnée pour elle. Il retint sa respiration, fixa son regard et relâcha la corde. La flèche brisa la serrure d'acier comme une feuille d'arbre avant de retomber au sol. Le lapin qui se trouvait à l'intérieur, drogué, ne bougeait pas d'un cil. Le jeune homme s'avança, laissant son arc au sol et sortant La Dague. Il trancha la gorge de l'animal dans un geste vif et précis. Il redoutait le moment où le Démon lui adresserait la parole.

*
*...*

J'avais senti le mortel m'empoigner. Pas de pacte cette fois-ci. Pas avec lui. Je l'avais déjà dupé une fois, et il me détestait plus que tout. Je n'y arriverai pas, quoi que je pusse faire. Je sentais les cinquante-trois âmes s'agiter : elles le sentaient, elles aussi. Ce mortel si manipulable avait été très fructueux.
Je décidai de me délecter des esprits des défunts une dernière fois... Avec le temps, j'avais appris à consumer leur mental, leur foi, leurs croyances et leurs espoirs. Cela me procurait un immeeense plaisir...
Tandis que je détruisais le rêve de cette femme stérile souhaitant avoir des enfants, je les sentis s'échapper, tandis qu'ils rejoignaient leurs corps originels... Dommage.

Deuxième siècle, royaume de Groklaïn, Kaernagokën

..On racontait que Barruk, un jeune paysan, avait trouvé une étrange Dague sur le cadavre d'un marchand... Les rumeurs allaient rapidement dans cette petite contrée, et les mensonges aussi : on prétendit qu'il avait tué ce marchand, que c'était finalement un terrible blizzard qui avait emporté la-dite Dague, que celle-ci était faite d'or pur... Autant de choses toutes fausses.
Le roi Biörn entendit parler de ses rumeurs.
Plus personne ne revit Barruk.
*
*...*

Biörn le savait. Elle était vivante. Ou du moins habitée. Biörn avait scellé un pacte avec lui. Biörn fournirait des centaines d'âmes, et en échange, Le Démon l'aidait à conquérir Gloria.

Gloria, Ô Gloria !

Belle contrée, au soleil resplendissant,

aux théâtres remplis de bourgeois,
aux gardes fainéants !
Gloria, Ô Gloria, à moi tu seras !

Telles fut les pensées de Biörn au moment où Biörn réussit faire une petite coupure sur le bras de Davis, lors d'un duel "diplomatique".
Biörn le savait : le Démon lui avait promis que Davis se suiciderait d'ici peu. Biörn ne voyait pas comment, mais Biörn croyait le Démon.

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Remerciements :

- Pillowlavas pour son aide sur la chronologie  (très peu simple) de Locline et son avis pertinent !
- Rizotto pour son avis aussi !

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By ArthurBN




Yronusa2000, Rédacteur, Modérateur, génie, playboy, philanthrope, milliardaire, pour vous servir.
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